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Courrier 4 - Les cosmétiques nous empoisonnent. L’alternative bio. | Version imprimable |
Courrier n°1 – La cosmétique bio existe-t-elle réellement

 

Ce texte reprend quelques éléments développés dans les courriers précédents en ajoutant beaucoup d’éléments nouveaux de façon à dresser un tableau complet de ce qu’est la cosmétique moderne aussi bien conventionnelle que bio, des dangers qu’elles représentent, et des alternatives réellement satisfaisantes.

On peut considérer la cosmétique de 2 façons : la façon ancienne basée en totalité sur l’utilisation d’ingrédients naturels, et la façon moderne qui intègre une part plus ou moins importante de chimie de synthèse. La cosmétique dite bio a résolument pris la voie de la modernité, à tel point que pour la majorité des fabricants actuels il ne peut exister de cosmétique bio sans chimie ni technologie. Et tous les référentiels, sans exception, se sont engagés dans cette voie à des degrés divers.
Pour ma part, je pense qu’il y a encore de la place pour une cosmétique conforme à nos besoins vitaux sans les artifices de la chimie industrielle. J’ai même envie de dire qu’il est urgent de lui redonner ses lettres de noblesse car toute chimie qui n’est pas celle de la nature, la véritable bio-chimie, présente un danger potentiel pour le vivant.

A. La cosmétique d’aujourd’hui :


1. Définition : « On entend par produit cosmétique toute substance ou préparation destinée à être mise en contact avec les diverses parties superficielles du corps humain, notamment l’épiderme, les systèmes pileux et capillaire, les ongles, les lèvres et les organes génitaux externes, ou avec les dents et les muqueuses buccales, en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles ».
Il est à remarquer qu’aujourd’hui le terme générique « cosmétiques » à remplacé l’ancienne appellation « produits d’hygiène » et cela est significatif. L’hygiène étant par étymologie l’ensemble des pratiques tendant à préserver et améliorer la santé, on voit que dans les anciennes conceptions un produit d’hygiène devait non seulement nettoyer la peau, la protéger, l’assouplir etc. mais il était censé procurer bien-être et santé. Aujourd’hui on ne parle que de cosmétique, faisant ainsi référence plus à la parure, à l’esthétique qu’à la santé, cette dernière étant devenue le domaine réservé des médicaments. Ainsi la cosmétique moderne a-t-elle perdu tout sens profond, ne s’occupant que de l’apparence extérieure, d’une beauté qui n’est en réalité qu’artifice. Car la beauté ne peut être obtenue par l’apport extérieur d’un produit quel qu’il soit. Elle rayonne toujours de l’intérieur, de ce qu’est l’être dans son cœur quel que soit le corps et ses problèmes.
Il est également à remarquer que la définition ci-dessus trace une barrière définitive entre les cosmétiques qui ne peuvent revendiquer qu’une action en surface, et les médicaments qui, eux seuls, peuvent revendiquer des effets en profondeur susceptibles de modifier les équilibres physiologiques des utilisateurs. Ceci est particulièrement préjudiciable pour les fabricants de produits naturels car il leur est impossible de faire référence aux vertus thérapeutiques des plantes qu’ils utilisent.

2. Les dangers de la cosmétique moderne :

Ce n’est pas parce que la peau semble être une protection solide qu’elle est infranchissable et qu’on peut se permettre d’y appliquer n’importe quoi. Nous savons qu’elle est percée de petits trous, les pores, qui laissent pénétrer certains éléments. Du reste beaucoup de produits chimiques sont interdits ou réglementés dans les cosmétiques en raison des perturbations qu’ils occasionnent dans le système endocrinien, voire de leurs effets cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, ce qui montre bien qu’ils sont capables de franchir la barrière cutanée pour s’immiscer dans les profondeurs de notre organisme, jusqu’au cœur de nos cellules où ils peuvent provoquer des dégâts irréparables. De la même façon, des produits naturels peuvent pénétrer dans notre organisme mais en ayant, eux, des effets favorables à notre santé.
Les dangers de la cosmétique moderne tiennent au fait que tous les produits que nous mettons sur notre peau, nos cheveux ou nos muqueuses ont été envahis par la chimie. La chimie industrielle a à peine un siècle d’existence et elle a réussi à envahir tous les produits manufacturés dans tous les secteurs d’activité à un point inimaginable. D’un million de tonnes de produits chimiques fabriqués en 1930 nous sommes passés à 500 millions de tonnes en l’an 2000 et cela n’a fait qu’augmenter depuis. Plusieurs millions de ces produits sont disponibles sur le marché, dont plus de 100 000 sont couramment utilisés et plus de 8000 dans les seuls cosmétiques.
La cosmétique industrielle moderne est toute entière conçue par des chimistes car, dans un monde dominé par la recherche du profit, il faut sans cesse innover, créer de nouveaux besoins. Et pour créer de nouveaux produits c’est la fuite en avant vers un artifice toujours plus grand. Compte tenu de cette extraordinaire prolifération de la chimie dans nos produits d’hygiène -une crème peut à elle seule contenir plusieurs dizaines de molécules de synthèse, et tout au long des soins d’une journée ce sont plusieurs centaines de ces substances étrangères à notre corps qui peuvent être déposées sur notre peau- il ne faut pas s’étonner que se multiplient irritations, allergies, cancers et autres maladies de dégénérescence qui sont la conséquence d’une intoxication profonde de nos organismes.
    Dans les cosmétiques beaucoup de substances sont interdites en raison de leur trop grande toxicité. Mais beaucoup sont aussi autorisées, malgré leur toxicité reconnue, avec des restrictions d’utilisation en termes de concentration maximale, de limitation dans certains types de produits et pour certaines tranches d'âge ou catégories d’utilisateurs (enfants, femmes enceintes notamment). La liste est longue mais nous pouvons citer parmi les plus connues le mercure, l’acide benzoïque et ses sels, le formaldéhyde, les organo-halogénés, les éthers de glycol, les colorants azoïques, l’EDTA, le nickel, les composés musqués, les sels d’aluminium etc. Ce qui est grave et même scandaleux c’est que des molécules bien connues pour leur toxicité depuis des décennies pour leurs effets allergisants, perturbateurs endocriniens et même CMR (cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction) continuent à être utilisées malgré les dégâts parfois irréparables qu’elles occasionnent. Et rien ne semble pouvoir arrêter nos apprentis sorciers. Une étude récente menée par l’ONG « Women in Europe for a Common Future »1 a passé au crible 341 produits cosmétiques pour bébés en juillet et août 2015, vendus en France dans les pharmacies, parapharmacies et supermarchés. Sur la base des études scientifiques et des évaluations des autorités sanitaires de l’Union Européenne (UE) et Françaises, cette ONG a classé les ingrédients qui composent ces produits selon 3 catégories : risque élevé, risque modéré et risque faible ou non identifié. Les résultats de cette enquête montrent que 299 sur 341 produits sont composés d’ingrédients à risque élevé. Dans ces conditions il n’est pas étonnant que les maladies chroniques explosent chez les enfants. En Allemagne 1 enfant sur 5 est atteint d’eczéma et 1 sur 3 de rhume des foins et d’asthme2. Même si les causes sont multiples, on retrouve toujours un empoisonnement qui dérègle le système immunitaire à un point tel qu’il ne peut plus remplir son rôle protecteur.
    Je ne peux passer sous silence le cas des conservateurs rarement évoqué car ce sont des ingrédients jugés indispensables. 54 conservateurs sont officiellement autorisés dans l’union européenne (beaucoup plus en fait avec leurs dérivés). Beaucoup ne voient dans les conservateurs que le côté positif, ils préservent la sécurité de l’utilisateur. Mais s’ils agissent ainsi c’est que ce sont des poisons, des produits anti-vie. En réalité ils détruisent ou empêchent le développement des bactéries, champignons et autres microbes dans les cosmétiques, mais ils agissent de la même façon au niveau de la flore naturelle de la peau et des cellules dans les profondeurs de nos tissus en provoquant de graves perturbations. Ainsi le formaldéhyde, classé cancérogène certain par le Centre International de la Recherche sur le Cancer (le CIRC qui dépend de l’Organisation Mondiale de la Santé), est encore autorisé dans l’UE, certes à des concentrations inférieures à 0.2 % (0,1 % pour l’hygiène buccale), mais il est encore largement utilisé. Le thiomersal et le phénylmercure qui sont des composés mercuriels (le mercure est l’un des poisons les plus violents) sont eux aussi encore autorisés dans des produits de maquillage et de démaquillage des yeux, leur concentration ne devant pas dépasser 0,007 %. Ces concentrations peuvent paraître minimes mais compte tenu de l'extrême toxicité de ces substances mortifères il est facile d'imaginer ce qui peut se passer par effet cumulatif lors d'utilisations sur de longues durées. Ce ne sont là que 2 exemples mais quand on fait le compte des conservateurs, colorants, filtres ultra-violets ou autres substances concernées par ces limitations d'emploi on arrive facilement à des centaines. Comment imaginer que tout cela puisse être sans effet ? Des effets délétères peuvent devenir rapidement catastrophiques tant l’usage de toutes ces substances toxiques est généralisé, provoquant une accumulation destructrice. Et cela se marque dès avant la naissance puisqu’on retrouve des quantités de ces poisons dans le sang du cordon ombilical des bébés qui viennent de naître.
    Cette façon de voir la cosmétique moderne nous éloigne quelque peu de l’image précieuse, raffinée, efficace et sans danger que le marketing impose à force de publicité mensongère. En réalité la cosmétique moderne c’est beaucoup de chimie et des résidus des industries agro-alimentaires et pétro-chimiques avec toute la toxicité que cela sous-tend.  Beaucoup de salissures en définitive et c’est un comble pour des produits sensés nettoyer et embellir.
    Pour nous rassurer on nous dit que « la composition des cosmétiques est strictement encadrée et qu’ils ne présentent aucun risque pour la santé ». Et il est ajouté « ces listes d’ingrédients réglementés sont régulièrement actualisées pour tenir compte des avancées scientifiques ». C’est se moquer du monde car actualiser revient à limiter ou interdire des ingrédients qui étaient jusque là considérés comme sûrs et qui étaient utilisés en toute confiance alors qu’en réalité ils étaient nocifs pour la santé.
   
3. La chimie de synthèse :

Avant de parler de la toxicologie qui est utilisée pour valider les ingrédients utilisés dans les cosmétiques, il me semble important de bien préciser ce qu’est cette chimie industrielle pour qu’il n’y ait pas de confusion avec la chimie naturelle. Car tout est chimie dans la nature. Toute matière qu’elle soit minérale (inanimée) ou organique (êtres vivants) est composée d’éléments simples appelés atomes qui se combinent entre eux pour former des molécules plus ou moins complexes. L’eau est ainsi l’association de 2 atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène (H2O), le bicarbonate est formé par l’association d’un atome de sodium, d’un atome d’hydrogène, d’un atome de carbone et de 3 atomes d’oxygène (NaHCO3), le glucose est formé de l’association de 6 atomes de carbone, de 12 atomes d’hydrogène et de 6 atomes d’oxygène (C6H12O6) etc. Lorsque les chimistes ont compris cette structure élémentaire, ils ont très vite cherché à la reproduire de façon artificielle, en laboratoire. En faisant réagir des petites molécules dans certaines conditions de température et de pression, en présence d’activateurs divers, ils ont pu non seulement imiter des molécules naturelles plus grosses (vitamines, hormones etc.) mais aussi fabriquer des molécules totalement artificielles tels les plastiques issus de la pétrochimie. C’est cette chimie artificielle, qualifiée de synthèse, qui est responsable de l’empoisonnement dont nous avons parlé précédemment.
    Il est toujours étonnant de constater que la toxicité  de cette chimie de synthèse, qui est largement reconnue, soit malgré tout utilisée de façon universelle.
- Dans les additifs alimentaires presque la moitié de ceux qui sont autorisés sont classés nocifs avérés pour la santé humaine avec des effets connus allergènes, cancérigènes, mutagènes pour certains qui devraient être évités totalement6.
- Les médicaments modernes, pour la plupart issus de synthèse, mériteraient à eux seuls un long développement. Car leurs effets secondaires indésirables sont bien connus de tous, montrant par là leur nocivité intrinsèque. Il ne s’agit pas de refuser un produit qui peut sauver une vie. Mais la logique nous oblige à dire qu’un produit qui rend malade n’est pas un véritable médicament. Plus que rendre malade on peut dire que les médicaments modernes tuent. C’est un comble pour un produit qui prétend soigner. En effet il existe des maladies dites iatrogènes, dues à l’usage des médicaments, (en grec, iatros = médecin) qui, selon des estimations officielles, provoqueraient chaque année en France 13000 morts avérés, et selon certains beaucoup plus, jusqu’à 30000 (chiffres de 2004)3. Il est vrai que certains remèdes naturels pourraient eux aussi générer une iatrogénèse mais les spécialistes admettent eux-mêmes qu’il faudrait pour cela un surdosage extrême ou un risque allergène non connu. Et elle serait de toute façon exceptionnelle et sans gravité.

4. Les substances « nature identiques » :

    Pour être bien clair il me faut préciser quelque chose d’important au sujet des molécules de synthèse qui imitent des molécules naturelles. Officiellement on ne fait aucune différence entre les 2. A tel point que dans certains référentiels bio on parle pour qualifier ces molécules de synthèse de « nature identique » En réalité c’est une grave erreur.
    L’exemple des médicaments de synthèse qui, pour 80 % d’entre eux, imitent des molécules naturelles avec des effets secondaires indésirables innombrables est suffisamment parlant. A titre d’exemple je pourrais citer le plus connu d’entre eux : l’aspirine. La synthèse de l’acide acétylsalicylique s’est inspirée du salicylate de méthyle présent dans l’écorce de saule (salix qui a donné le nom salicylique) et dans la reine des prés (spiréa qui a donné le nom aspirine). La molécule naturelle ne présente aucune toxicité alors que sa copie de synthèse possède une liste très longue d’effets secondaires indésirables.
Dans le domaine de la cosmétique tout le monde a entendu parler des parabens. Ce sont des conservateurs de synthèse très utilisés depuis des décennies et on admet que 80 % des cosmétiques en contiennent dans plus de 13000 formules différentes. Ce sont des perturbateurs endocriniens qui sont soupçonnés d’effets cancérigènes mais il est important de noter qu’il existe des parabens naturels dans certains aliments tels que carottes, oignons, fraises, mûres, cassis, orge, vanille etc. Ce sont alors des précurseurs du coenzyme Q10 et ils sont ainsi absolument nécessaires pour le fonctionnement de notre machinerie cellulaire.
Cette différence d’effet entre la molécule naturelle et celle qui est censée l’imiter tient au fait que le chimiste ne sait imiter que la structure la plus grossière des molécules. En réalité il existe des différences subtiles entre ces molécules supposées identiques. Cela se voit au niveau de certaines molécules dites « énantiomères » qui sont deux molécules parfaitement identiques en termes de structure atomique mais qui diffèrent par le fait qu’elles ne sont pas superposables. Elles se ressemblent à la façon d’une image inversée que renvoie un miroir. Cette  identité de structure fait qu’elles réagissent toutes les deux de la même façon avec d’autres molécules mais elles peuvent avoir des effets physiologiques différents, voire antagonistes. Deux énantiomères peuvent également avoir des propriétés olfactives différentes. Ainsi la carvone a deux énantiomères dont l’un sent le fenouil et l’autre la menthe verte. Un des deux énantiomères du limonène sent l’orange, l’autre le citron. Ceci montre qu’une simple organisation spatiale différente pour deux molécules que l’analyse révèle identiques peut induire des effets différents. Il est donc évident que si le récepteur membranaire peut être comparé à une serrure, seule la clef prévue par la nature pourra ouvrir la porte. Cela marque une différence subtile mais bien réelle. Et il existe quantité d’interactions subtiles au sein des molécules complexes de type électromagnétique, électrochimique ou électronique, qui sont la marque du vivant et que le chimiste ne sait pas imiter. Il manque à la molécule de synthèse le sceau de la nature, du vivant de la nature. C’est là toute la différence.
Il y a donc là un problème fondamental important. Affirmer qu’une molécule de synthèse est sans danger sous prétexte qu’elle imite une molécule naturelle est une contre-vérité. Seule la nature sait faire de la véritable biochimie, de la chimie compatible avec le vivant. Si les chimistes savaient faire comme la nature, ils pourraient fabriquer des aliments capables de satisfaire nos besoins vitaux. Ils pourraient aussi fabriquer des médicaments ou autres molécules de synthèse sans effets secondaires indésirables. Ces impossibilités marquent bien les limites de leur savoir-faire. Avec la chimie de synthèse nous jouons aux apprentis sorciers et les dégâts occasionnés sont suffisamment nombreux pour montrer que cette voie est erronée. Cela est tellement évident qu’il n’y a, me semble-t-il, pas besoin d’insister.
Compte tenu de la gravité de ce que nous venons de voir, il semble légitime de se poser la question de la validité des normes définies par les toxicologues et de la pertinence des méthodes qu’ils utilisent.

5. La toxicologie :

La toxicologie aurait dû protéger les consommateurs d'éventuels abus de la chimie. Mais force est de constater que c'est l'inverse qui s'est produit car c'est à un empoisonnement lent et généralisé de la population que nous assistons depuis des décennies. Ce constat est on ne peut plus sévère mais il correspond malheureusement à la réalité. Car beaucoup d'études concernant des substances réputées toxiques n'ont finalement abouti qu'aux restrictions d'emploi dont nous avons parlé précédemment. Il eut été logique de les interdire pour éviter tout risque d'erreur. Et des erreurs il y en a beaucoup. Il suffit pour s'en convaincre de voir comment les normes soi-disant fiables sont régulièrement remises en question. Sans parler des produits qui sont retirés du marché après parfois des décennies d'utilisation. Que d'accidents, de maladies et de souffrances auraient pu être évités par la simple application du principe de précaution ! En fait si le législateur définit des risques sur la base des renseignements fournis par les toxicologues, c'est toujours l'utilisateur qui prend les risques et qui en subit les conséquences souvent dramatiques pour sa santé ou celle de sa descendance. Il est aussi à remarquer que les législations diffèrent souvent d'un pays à l'autre et que ce qui est autorisé en Europe peut être interdit aux USA ou ailleurs. Qu'y a-t-il de scientifique derrière tout cela ? En fait la toxicologie n'a rien de la science qu'elle prétend être. Elle pèche le plus souvent par son manque d'indépendance et toute l'histoire du développement de la chimie est jalonnée de scandales dus à la lutte acharnée qu'ont toujours mené les lobbies pour empêcher qu'éclate la vérité, faisant peu de cas des souffrances engendrées par leur criminelle recherche du profit.
    En fait les méthodes utilisées par les toxicologues sont totalement inadaptées et elles ne peuvent aboutir qu'à des conclusions erronées. Ceci pour plusieurs raisons :
- Tout d'abord le modèle utilisé est totalement inadéquat. C'est sur la base de l'expérimentation animale que toutes les recherches de toxicité ont été faites. Or nous savons bien aujourd'hui que les réactions de l'animal ne peuvent être comparées aux nôtres. Ils ont une autre physiologie qui correspond à d'autres nécessités, celles de leur genre et de leur espèce. Plus de 99 % des nouvelles thérapies pour Alzheimer sont en échec après avoir été identifiées avec succès sur des modèles animaux7. Les recherches basées sur l’expérimentation animale ont faussé de nombreuses évaluations qui ont été à l’origine de scandales récents (Distilbène, Mediator, Vioxx etc.). De plus il est bien connu que des aliments consommés par certains animaux sont des poisons pour l'homme et inversement certains de nos aliments peuvent les tuer5. Pour palier à ces problèmes, des méthodes substitutives in vitro ont été validées ces dernières années mais il faut reconnaître qu'elles ont du mal à s’imposer et qu’elles sont encore peu utilisées. De toutes façons on peut logiquement penser que les résultats obtenus seront tout aussi contestables. Car quelle est l'origine des cellules utilisées et quelles sont les conditions d'expérimentation ? Comment transposer à l'échelle d'un corps humain, siège d'interactions extraordinairement nombreuses et variées, ce qui se passe dans une petite boîte où nagent quelques cellules isolées de tout contexte réel ?
- Ensuite la durée des tests effectués est elle aussi sujette à caution. Car compte tenu du coût de ces expérimentations, seuls des essais de courte durée sont généralement effectués. Mais dans la réalité nous utilisons certains produits tous les jours, des mois ou des années, voire une vie entière. Honnêtement personne ne devrait se permettre de tirer des conclusions sur le long terme à partir d'essais limités dans le temps. Car c'est ne pas tenir compte d'éventuels phénomènes d'accumulation et de persistance aux effets totalement méconnus.
- Il y a bien plus grave encore, me semble-t-il, car les tests tels qu'ils sont conçus peuvent difficilement rendre compte d'éventuels effets "cocktail" dus aux interactions multiples entre diverses substances présentes dans notre corps. Des études menées entre 2003 et 2009 aux USA et en Europe chez des adultes, des enfants et même des nouveaux-nés ont montré que nous hébergeons des dizaines de produits chimiques étrangers à notre nature (plus de 200 dans certaines études) dont un grand nombre sont neurotoxiques, perturbateurs endocriniens, cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction4. Certains étant interdits depuis des décennies, cela montre leur grande stabilité dans l’environnement. Comment imaginer que ces produits toxiques ne puissent réagir entre eux, provoquant des réactions aux conséquences  totalement imprévisibles. L'exemple du benzoate de sodium (conservateur E 211) est très instructif à ce sujet. En présence de colorants il est capable d'induire une hyperactivité, en présence de vitamine C il y a apparition de benzène classé cancérogène 1 (c'est à dire cancérogène certain) et en présence d'alcool peuvent apparaître des lésions dans les molécules d'ADN qui sont le support de notre patrimoine génétique. Il ne s'agit là que de quelques interactions très simples mais qu'en est-il dans la réalité des profondeurs de nos liquides organiques où tant et tant de rencontres imprévues peuvent s'opérer ? La toxicologie est là impuissante car ses méthodes s'appliquent plus particulièrement à des produits purs, isolés, facilement identifiables et mesurables. Il est également bien connu que certains sous-produits de la dégradation de molécules estimées sans danger sont, eux, très toxiques. C’est le cas des libérateurs de formaldéhyde qui sont couramment utilisés. Or le formaldéhyde libéré dans notre corps est cancérigène certain. Il y a donc une multitude de possibilités d'interactions et d'effets qui échappent totalement aux investigations.
- Un dernier point litigieux porte sur le fondement même de la toxicologie lorsqu'elle cherche à déterminer la concentration en dessous de laquelle une molécule n'est plus toxique pour l'homme. Le postulat utilisé "c'est la dose qui fait le poison" sous-entend que ce qui est toxique à forte dose perd sa toxicité en dessous d'un seuil qu'il suffit de déterminer. Il semble pourtant logique de penser qu'une molécule toxique pour l'homme reste toxique quelle que soit la dose utilisée. Si nous ne pouvons déceler cette toxicité pour de faibles doses n'est-ce pas tout simplement parce que nos méthodes ne sont pas assez fines pour cela ? De toutes façons comment peut-on se permettre de parler de faibles doses et de seuils alors que la plupart de ces molécules de synthèse ont la capacité de s’accumuler dans les tissus vivants (on parle à leur sujet de bio-accumulation) ? Dans ces conditions les seuils fixés ne veulent plus rien dire. De plus, comme nous l’avons vu précédemment, toute molécule artificielle est considérée par notre système immunitaire comme un corps étranger. N'y aurait-il qu'une seule molécule qui pénètrerait, ce serait une mise en branle de nos défenses pour tenter de la neutraliser. Au vu de la quantité importante de ces molécules que nous absorbons sans cesse de tous côtés, il y a là une toxicité évidente qui ne peut qu'affaiblir progressivement notre immunité naturelle.
En réalité c'est être bien présomptueux que de tester une molécule sur un animal pendant quelques jours et de se croire capable de définir des risques chez l'homme en fonction des quantités utilisées. Quelle responsabilité pour ces toxicologues qui jouent ainsi avec la vie de leurs semblables ! La croissance constante des maladies dites de civilisation devrait les faire réfléchir. Mais rien ne semble pouvoir arrêter l'industrie chimique dans sa course au profit. La science ne possède aucun moyen sérieux pour contrôler les millions de produits chimiques mis en circulation, et chaque jour de nouvelles molécules font leur apparition dans les laboratoires de nos apprentis sorciers.
Dans le chapitre des nouveautés, les chimistes viennent de se doter d'instruments bien plus efficaces encore pour tout envahir et désorganiser. Il s'agit des nanoparticules qui au vu de leur taille (on ne dit plus microscopique mais nanoscopique, c'est-à-dire 1000 fois plus petite) peuvent s'immiscer avec facilité absolument partout. Ces nanoobjets peuvent véhiculer des produits chimiques et il est à prévoir que les effets dévastateurs de ces produits seront ainsi bien pires et plus difficiles à évaluer qu'auparavant. Ils ont commencé leur invasion dans tous les domaines, y compris la cosmétique, avant même d’avoir été évalués et il est difficile de connaître les produits déjà contaminés dans la mesure où les fabricants peuvent en utiliser sans obligation de le mentionner sur les étiquettes. Les premières études sont alarmantes. Elles montrent qu'après absorption par la peau ces nanoparticules peuvent migrer jusque dans le cerveau par voie nerveuse. Aucune barrière ne peut les arrêter. Des nanoparticules ont également été retrouvées dans les molécules d'ADN qui sont le support de notre hérédité. Inutile d'être un grand savant pour prédire les catastrophes qui pourront s'ensuivre. Certaines crèmes solaires (y compris en bio) contiennent des nanoparticules d'oxyde de zinc et de titane pour réfléchir les rayonnements ultraviolets. Il a pu être montré qu'elles produisent des radicaux libres qui peuvent ainsi endommager indirectement l'ADN des cellules cutanées. Aucune réglementation n'a été mise en place pour encadrer ces nouveaux polluants et chacun peut innover impunément. Une fois de plus c'est l'utilisateur qui prend tous les risques et qui en subira les conséquences.   
    Pour moi, la toxicologie est une pseudoscience qui permet de justifier l’injustifiable. Elle a abouti à une inversion totale des valeurs et aujourd’hui c’est le produit chimique qui est considéré comme sûr alors que le produit naturel équivalent est considéré comme potentiellement dangereux. Et on en arrive à autoriser les poisons les plus toxiques tels que le mercure dans des produits de maquillage ou le fluor dans des dentifrices alors que certaines huiles essentielles pures et naturelles sont interdites d’utilisation et d’autres très limitées dans leur utilisation. Ainsi la concentration de l’huile essentielle de rose dans les cosmétiques actuels ne doit pas dépasser 0,008%, ce qui revient à la comparer au mercure qui, lui, est limité à 0,007 % et qui est un poison violent reconnu. Cela prêterait à sourire si ce n’était absurde et dommageable pour tous les fabricants de cosmétiques sérieux.


B. La cosmétique bio

Face aux dangers de la chimie, des fabricants et des consommateurs se sont réunis au sein de groupements professionnels ou associatifs pour défendre leur vision plus naturelle des choses et promouvoir une cosmétique soucieuse de la santé de la terre et de ses habitants. Une cosmétique dite écologique et/ou biologique a ainsi été définie et réglementée par des cahiers des charges spécifiques, et des labels tels que Nature et Progrès, Cosmébio, Ecocert, NaTrue, Cosmos permettent de les identifier.
Ce fut là un réel progrès car tous ces cahiers des charges s’accordent pour définir des critères de qualité supérieurs à ceux de la législation en vigueur en privilégiant l’utilisation de substances naturelles et bio et de techniques de production respectueuses de l’environnement et de la santé humaine. Sont expressément interdits les sous-produits pétroliers, les organismes génétiquement modifiés, les rayonnements ionisants, les colorants et parfums de synthèse, les huiles, graisses et silicones de synthèse, les produits éthoxylés, etc.
Cependant la cosmétique bio autorise une part non négligeable de chimie sous forme de synthèse pure ou de produits d’origine naturelle transformés par réaction chimique et cela pose problème vis à vis du consommateur qui a tendance à comparer ses cosmétiques bio à ses carottes ou ses poireaux cultivés sans aucun produit chimique de synthèse. Une cosmétique véritablement bio ne devrait être composée que d'éléments naturels, de ces éléments dont nous sommes formés, ceux que la nature a patiemment assemblés au cours de millions d'années d'évolution et qui seuls sont porteurs de vie, de cette vie qui est nécessaire pour entretenir la vie en nous et lui permettre de s'épanouir toujours plus. Autant dire de suite que cette définition correspond rarement à la réalité car la chimie de synthèse a tout envahi, y compris les cosmétiques bio qui portent ainsi très mal leur nom. Quand tous les cahiers des charges autorisent des conservateurs de synthèse destinés à détruire toute vie, on ne peut pas dire que le terme "bio" qui vient du grec bios "vie" soit  très approprié.
Le problème est toujours le même. La recherche du profit amène des fabricants à étendre leurs marchés, ce qui nécessite de grandes unités de fabrication de type industriel et l'utilisation de la chimie, en particulier pour permettre la conservation des produits qui sont vendus dans des circuits de distribution de plus en plus longs. Ou même simplement en voulant imiter les produits conventionnels, des fabricants de produits bio se laissent séduire par les possibilités innovantes de la chimie en termes de textures, de couleurs, d'odeurs etc. Avec la chimie de synthèse il est facile d'imaginer des adjuvants de fabrication aussi nombreux que variés. C'est ainsi qu'a été inventé le concept de "chimie verte" dont le but est de concevoir des produits moins toxiques. Mais ce vert n'est pas celui de la nature, c'est un vert artificiel et la synthèse fut-elle baptisée "propre" ne peut qu'être polluante pour notre corps et notre environnement.

1. Les différents cahiers des charges :

Comme dit précédemment, les critères restrictifs définis dans les référentiels bio ne pouvaient qu’être profitables pour la santé de la terre et de tous ses habitants.
Cependant quand on lit dans un référentiel qu’un produit labellisé « biologique » doit contenir au minimum 95 % d’ingrédients d’origine naturelle dont 10 % de bio, il faut bien se rendre compte ce que cela signifie. Cela veut dire que le produit peut contenir jusqu’à 5 % d’ingrédients de synthèse pure et une part variable mais importante d’ingrédients, certes d’origine naturelle, mais transformés par réaction chimique dans les 90 % non bio. Même s’il s’agit de réactions simples et de chimie dite verte, même s’il y a une liste limitative de réactions autorisées, il n’en reste pas moins que dans ces ingrédients transformés le lien à la nature a été cassé, ce lien subtil qui relie tout végétal à la vie qui l’a fait naître et qui est essentiel pour alimenter la vie en nous (voir ce qui est dit précédemment sur la toxicité de la chimie de synthèse).
    Je n’entrerai pas dans le détail des différents référentiels actuels mais on peut souligner plusieurs  choses importantes :
- Le plus strict est sans conteste celui de Nature et Progrès qui est aussi le plus ancien et qui fut précurseur dans ce domaine (depuis 1998). Les conservateurs sont limités au nombre de 3 et dans une limite de 1,7 % du total des ingrédients. Les ingrédients végétaux doivent être bio à 100 %, sauf exception lorsqu’ils sont introuvables en l’état. Les additifs eux-mêmes sont très encadrés et limités au strict minimum, devant toujours être obtenus par réaction chimique simple respectant la structure de la molécule d’origine. La structure associative de Nature et Progrès permet d’éviter les conflits d’intérêt, et la solidarité entre les adhérents est favorisée par le système de contrôle participatif qui, loin d’être source de complaisance comme certains l’affirment, est au contraire très sérieux car mettant en jeu des professionnels et des consommateurs qui ont aussi leur mot à dire.
- Concernant les autres référentiels, qu’il s’agisse d’Ecocert ou de Qualité France (les 2 ayant comme base la charte Cosmebio), de NaTrue ou de Cosmos pour les derniers apparus, ils sont très proches les uns des autres.
C’est en leur sein que se regroupent tous les grands industriels trans-nationaux qui ont pénétré le marché des cosmétiques bio soit en créant leurs propres gammes soit en rachetant des laboratoires bio déjà existant. Face à cette  cosmétique bio industrielle, la prudence est de mise. Car il est facile de comprendre que là où tout n'est qu'affaire de stratégie commerciale et de parts de marché il ne faille pas s'attendre à trouver le meilleur. Pour le commun des mortels il est difficile de se rendre compte de ce qu’implique une fabrication industrielle, fut-elle qualifiée de simple ou verte. Ce sont le plus souvent de très grosses unités qui ont un impact désastreux sur l’environnement. De plus il faut bien savoir que l’industriel est jaloux de ses secrets de fabrication et qu’il est impossible d’avoir accès en détail à tous les ingrédients utilisés (catalyseurs, activateurs et inhibiteurs de réaction, adjuvants divers etc.)  et aux subtilités des réactions effectuées.
C’est aussi dans ces référentiels que l’on trouve les tolérances les plus larges en termes de pourcentages et de quantités de conservateurs autorisés. Une large place y est également faite aux ingrédients dits « nature identiques » ou « d’origine naturelle », appellations tendant à tromper le lecteur puisqu’il s’agit de synthèse pure dans le premier cas et de produits naturels transformés par réaction chimique dans le second.
Certaines différences entre ces référentiels qui peuvent paraître minimes n’en sont pas moins importantes. Loin de moi l’idée de dénigrer qui que ce soit car ces référentiels permettent de s’affranchir de la plus grande part de la toxicité de la cosmétique conventionnelle. Mais lorsque chez certains les nanoparticules sont interdites et que l’oxyde de zinc ou le dioxyde de titane utilisés dans les protections solaires échappent à cette interdiction on peut se poser des questions. Idem pour d’autres où des solvants jugés indispensables dans les parfums échappent à l’obligation de déclaration dans la liste des ingrédients ou encore lorsque des solvants pétrochimiques interdits peuvent être autorisés dans certaines conditions etc., etc.
Il faut donc admettre que ces référentiels officiels ont des lacunes plus ou moins importantes. Et compte tenu de ce que nous avons dit sur les dangers de la chimie, ils ne peuvent satisfaire totalement un consommateur exigeant.

2. L’importance d’une véritable cosmétique naturelle et bio :

La cosmétique véritablement bio, celle qui n'apporte aucune nuisance et qui est respectueuse de la vie qui se manifeste dans notre corps existe encore malgré les difficultés de tous ordres, les contraintes législatives n'étant pas les moindres. Mais il faut la chercher chez des fabricants de taille modeste qui ont su rester proches de la nature, plus préoccupés de qualité que de profit. On les trouve plus facilement avec la mention "Nature et Progrès" qui a conservé l'éthique d'une bio artisanale. Mais il en existe dans tous les systèmes de certification et c'est en lisant attentivement les notices et les étiquettes que le consommateur peut les trouver.

Lorsque l’on s’éloigne de la nature, il faut pouvoir se faire une idée précise de l’éventuelle toxicité d’un produit, mais cela est quasiment mission impossible. Des répertoires existent qui font le point sur nos connaissances au sujet des centaines d’ingrédients utilisés. Mais comment évaluer un produit qui contient des dizaines d’ingrédients aux effets tous différents qui peuvent se potentialiser ou générer des sous-produits inconnus ?
Pour répondre à cette question, le meilleur moyen est de faire preuve de bon sens. Partant du principe que nos corps sont issus d’une longue évolution conjointe avec la nature et qu’ils sont constitués exclusivement des éléments de cette nature, il est facile de comprendre que toute notre physiologie soit programmée en fonction de cette nature. Il n’est qu’à considérer le système immunitaire qui nous protège de toute intrusion étrangère. Il protège notre intégrité en rejetant tout élément étranger à notre nature, élément qui n’est pas reconnu comme étant bénéfique et utilisable. Il ne faut donc pas se leurrer au sujet de tous les produits ayant un semblant de naturel par leur structure ou leur origine. En réalité il ne faut pas sous-estimer les effets provoqués par cette chimie de synthèse car il y a toujours en réaction une mise an branle de notre système immunitaire. Et la prolifération de  l’artifice ne peut qu’entraîner un épuisement de nos défenses pouvant aller jusqu’au dérèglement total de ce système qui finit par se retourner contre celui qu’il est censé protéger. Il suffit de voir la prolifération des maladies dites « auto-immunes » pour s’en convaincre.
La chimie a tellement envahi notre quotidien que nous ne nous étonnons même plus de sa présence. En fait sa toxicité a été normalisée. Et si la norme sous-entend des règles précises d'utilisation, elle évoque aussi dans le langage courant ce qui est normal, donc ordinaire, habituel, dépourvu de tout caractère exceptionnel. Nous avons donc été conditionnés à accepter l'inacceptable. Car la chimie telle qu'elle se pratique dans nos laboratoires ne génère que de l'artifice avec tous les risques que cela comporte.

En réalité nous n'avons pas besoin des molécules de synthèse. C'est de naturel dont nous avons besoin et la nature est d'une richesse telle que jamais nous ne pourrons utiliser tous les trésors qu'elle nous donne à profusion. La nature a tout prévu pour satisfaire tous nos besoins avec la plus grande efficacité et pour notre plus grand bonheur. Cela sous-entend que nous avons à portée de main où que nous vivions tous les éléments pour la fabrication de produits simples et totalement naturels. Entretenir la peau pour lui permettre de remplir ses fonctions au mieux, cela peut se faire avec peu de moyens, peu de produits.

Plus qu'une mode, le retour au naturel, aux produits bio véritables, est une nécessité absolue, une question de survie. Il est vrai que tout est chimie dans notre corps, réactions chimiques innombrables au sein de toutes nos cellules. Mais il s'agit là de la chimie de la vie, de l'alchimie véritable. Nous sommes des êtres vivants et nous avons besoin de cette vie que seule la nature peut nous transmettre. Sans cette vie nous ne sommes rien. Et si en s'opposant à elle nous sommes sûrs de dépérir, en renouant avec elle nous ne pouvons que nous renforcer et acquérir toujours plus de vitalité.

3. La cosmétique 100 % bio est-elle encore possible ?

Les puristes feront remarquer que le 100 % bio n’est plus possible aujourd’hui, la pollution de l’air, de l’eau et de la terre ne permettant plus de fabriquer des produits  exempts de toute trace de produits chimiques. C’est une triste réalité. A tel point que les cahiers des charges alimentaires bio admettent aujourd’hui une contamination par les OGM jusqu’à 0,9 % et que l’UE est sur le point d’autoriser des résidus de pesticides qui ne peuvent plus être totalement évités.
L’idéal -le zéro pollution- ne pouvant plus être atteint, les règles de la bio deviennent donc, par la force des choses, plus un ensemble de moyens visant au respect de la nature qu’une garantie de résultats. Mais cela devrait nous pousser d’autant plus à une grande rigueur en refusant tout compromis avec cette chimie destructrice et en limitant, le plus que possible, son utilisation.
Dans le domaine de la cosmétique bio, comme nous l’avons déjà mentionné, la majorité des fabricants s’accordent pour dire qu’il est impossible de faire des cosmétiques modernes sans chimie, notamment sans  conservateurs. Pourtant il est des conditions dans lesquelles il ne peut y avoir de développement de bactéries : en absence d’eau, lorsque le pH est inférieur à 4 ou supérieur à 10 et en présence de plus de 20 % d’alcool. Il suffirait donc de respecter l’une ou l’autre de ces conditions pour pouvoir se passer de ces conservateurs qui sont toujours des destructeurs de vie.
Il est quand même étonnant de constater que des consommateurs qui refusent tout produit chimique sur leurs légumes les acceptent dès lors qu’il s’agit de crèmes ou de shampooings. Certes il existe du 100 % bio surtout dans les produits huileux. Mais ces produits font un peu exception dans la grande masse des autres qui admettent cette chimie sans laquelle on ne peut être au goût du jour. Et c’est bien là que le bât blesse.
Il est effectivement possible de fabriquer une gamme de produits sans chimie mais il faut se cantonner dans des formulations et des façons de faire anciennes, en refusant notamment les émulsions tant à la mode aujourd’hui. On admet que 80 % des cosmétiques modernes sont des émulsions (mélanges d’huiles et d’eau). Mais une émulsion nécessite des émulsionnants et des conservateurs que seule la chimie sait fabriquer suffisamment puissants pour assurer une longue stabilité des produits.
Refuser ces additifs c’est par exemple, dans le domaine des crèmes, être obligé d’en rester aux onguents à l’ancienne,  à base de matières grasses et sans eau, tels qu’on les fabriquait dans toutes nos officines. Mais c’est aussi et surtout tirer un trait sur des bénéfices liés à la vente d’une eau quasiment toujours majoritaire dans les produits. C’est certainement ce dernier point qui a été à l’origine de la généralisation des émulsions et des fortunes faites avec les cosmétiques modernes.
Quoiqu’il en soit il est possible de faire des crèmes, des huiles de soins, des dentifrices et autres eaux de toilette ou vinaigres aromatiques sans aucune chimie. L’absence d’eau, l’acidité ou la présence d’alcool permettant de satisfaire les exigences de la législation en termes de conservation. En termes de qualité, nous sommes dans ces conditions au-delà des cahiers des charges actuels et il faudrait logiquement des référentiels spécifiques pour ces gammes de produits 100 % bio qui correspondent réellement à l’attente des consommateurs avertis.

Conclusion :

Pour terminer, je voudrais insister sur la notion de simplicité.
C’est à contresens de tout ce qui se fait aujourd’hui ! Il suffit de voir la publicité qui veut nous faire croire que seule le recherche incessante de nouvelles molécules et l’accumulation de soi-disant « actifs » peut permettre d’aboutir à des produits toujours plus efficaces ! Quand on voit qu’une seule crème de grande marque peut contenir jusqu’à 70 ingrédients, pour la plus grande part obtenus par synthèse et dont beaucoup sont reconnus pour leur toxicité, quels effets est-on en droit d’attendre sinon, à l’inverse des promesses marketing, des problèmes d’intolérance cutanée et, à la longue, une altération de notre enveloppe protectrice !
A l’inverse, des produits 100 % naturels, aussi simples soient-ils, n’ont que des effets positifs. Comme nous l’avons déjà mentionné, notre corps est programmé pour utiliser les éléments de la nature. Ainsi, prétendre agir efficacement avec des ingrédients artificiels est un leurre complet. C’est de vivant que nous avons besoin pour vivre et seule la nature est capable de satisfaire nos besoins vitaux. De simples huiles végétales vierges et bio sont d’une richesse fantastique en éléments essentiels pour notre peau, pour sa solidité, son élasticité, ses métabolismes, ses fonctions d’échange et de protection, pour préserver son intégrité. Les huiles essentielles contiennent des centaines de molécules actives qui ont des effets reconnus pour préserver la santé et la restaurer lorsque cela est nécessaire. La nature recèle des trésors en abondance aux vertus innombrables qu’il est facile d’intégrer dans des lotions, baumes ou autres huiles de soins. Et le bon sens nous oblige à dire que si la nature n’avait pas tout prévu, il y a longtemps que nous aurions disparu de la surface de la terre.
Abandonner la notion moderne de cosmétique tournée vers l’artifice pour retrouver la notion de l’hygiène véritable, qui comme son étymologie nous l’enseigne doit être source de bien-être et de santé, nécessite de se défaire de tous les conditionnements instaurés à grand renfort de publicité. On veut nous faire croire qu’il a fallu 20 ans de recherche pour mettre au point le dernier produit « miracle » capable d’effacer les rides et que c’est la complexité qui fait l’efficacité ! Tout ceci est complètement faux. Les publicités promettent de prolonger la jeunesse indéfiniment et cela dure depuis des décennies. Si cela était vrai, pourquoi changer constamment ces ingrédients d’une si grande efficacité ? Si cela était  vrai il n’y aurait pas besoin d’avoir recours à la chirurgie esthétique pour effacer des rides qui ne sont en définitive que l’expression naturelle et inévitable du vieillissement. En réalité, le jargon pseudo-scientifique utilisé par les agences de marketing est totalement déconnecté de la réalité et il ne sert que d’appât pour vendre toujours plus de produits.
La cosmétique moderne a été envahie par la chimie comme tous les autres secteurs de l’activité humaine. C’est un empoisonnement généralisé qui se fait avec l’aval de la science et des responsables politiques de tous bords. C’est un véritable suicide organisé.
Pour ceux qui voudraient des informations complètes et précises sur ce sujet, je ne peux que leur conseiller la lecture du livre de Fabrice Nicolino « Un empoisonnement universel – comment les produits chimiques ont envahi la planète »8.
Il est impossible de lutter contre les lobbies qui nous imposent leurs poisons. Mais nous pouvons tous réagir, chacun dans notre domaine, aussi petit soit-il, pour soi et autour de soi, dans notre jardin, notre cuisine, notre salle de bains. Comme dans la légende du colibri racontée par Pierre Rabhi, il n’est pas de petite action lorsqu’il s’agit de protéger le bien le plus précieux qui nous est donné : la vie. Respecter la vie de la terre est primordial car c’est elle qui, comme une mère, nous nourrit jour après jour et c’est grâce à elle que nous pouvons vivre. De sa santé dépend la nôtre. L’empoisonner revient à s’empoisonner soi-même.
Quand on sait que dans leur grande majorité les ingrédients naturels sont abondants, renouvelables, efficaces, polyvalents, respectueux de l’environnement, biodégradables et favorables à la santé, il est totalement incohérent d’avoir recours à une chimie qui empoisonne la terre et tous ses habitants.


REFERENCES

1.  Inet : « msn-trop de substances dangereuses dans les cosmétiques pour bébés ».
2. Inet : « you tube-maladies chroniques, les enfants aussi ».
3. Archives Ecosanté du 16 décembre 2004 « Mortalité, mortalité prématurée, mortalité évitable. Quelques chiffres et ordres de grandeur » par Franck Saint-Germain. Il est également possible de retrouver ces chiffres par Wikipedia « iatrogénèse »
4. Guide Cosmetox-Greenpeace (mai 2005)
5. "Expérimentation animale : honte et échecs de la médecine"   par Hans Ruech  Ed. : Nouvelles Presses Internationales 31570 Valesvilles
6. « Additifs alimentaires : danger. Le guide indispensable pour ne plus vous empoisonner » Corinne Gouget, éditions  Chariot d’or (2012).
7. La lettre de Pro Anima, n°78, septembre 2015 (p3).
8. « Un empoisonnement universel. Comment les produits chimiques ont envahi la planète. » Eabrice Nicolino – éd. Les liens qui libèrent.


Bernard BRIAUD
Biologiste – Dr ès sciences
Fabricant de produits d’hygiène et de soins bio depuis 1982                                     
Gérant de l’EURL FLORE DE SAINTONGE


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Courrier 3 - Lettre d'infos 2016 | Version imprimable |
Courrier n°1 – La cosmétique bio existe-t-elle réellement

 

Voici quelques précisions sur notre dentifrice à l’argile.

 

J’ai envie de dire « enfin un dentifrice simple et 100 % naturel ». Car la plupart des dentifrices dits bio contiennent des tensio-actifs identiques à ceux que l’on trouve dans les shampooings et gels-douche (effet moussant et nettoyant) ainsi que divers ingrédients artificiels tels qu’émulsifiants et conservateurs du fait de la présence d’eau.

Les conservateurs étant capables de détruire des microbes, il est facile d’imaginer leurs effets sur la flore microbienne naturelle de nos muqueuses digestives. C’est ce qui explique la mention « ne pas avaler » que l’on trouve sur certains tubes et c’est d’autant plus préoccupant qu’il est inévitable d’en avaler. Cela peut atteindre 50 % chez les tout petits de 2 à 4 ans, 30 % chez les enfants de 4 à 6 ans et 10 % au dessus.

 

Une mise en garde importante au sujet du fluor qui est utilisé dans certains dentifrices pour renforcer l’émail des dents ! C’est un des éléments chimiques les plus réactifs, toxique à très faible dose dont les effets sont cumulatifs et persistants. A éviter donc car il est responsable d’un véritable empoisonnement légalisé.

Nous avons là un bon exemple de l’absurdité d’une législation qui autorise l’utilisation de substances connues pour leur toxicité. Lorsque c’est dans des produits d’usage externe, il est inévitable qu’elles arrivent à pénétrer dans les profondeurs de notre organisme en provoquant des perturbations plus ou moins graves. Alors que dire lorsqu’elles sont ingérées et qu’elles passent directement dans nos liquides organiques ?

 

Il faut être aveugle pour ne pas voir les relations entre cette chimie qui a tout envahi et les pathologies dégénératives innombrables de notre société qui a tout misé sur l’artifice. Vouloir faire mieux que la nature est d’une stupidité sans borne. Nous avons co-évolué avec elle pendant des millions d’années et elle avait tout prévu pour cela. Si tel n’avait pas été le cas nous ne serions plus là depuis longtemps.

Chercher à la comprendre et utiliser les éléments naturels au mieux, telle aurait dû être notre préoccupation constante pour préserver la santé de la terre et de tous ses habitants. L’exigence du naturel ne peut se satisfaire de demi mesure. Elle est d’une absolue nécessité.

 

Pour notre part nous restons fidèles à cette exigence qui nous motive depuis 34 ans. Exigence qui part de la plante cultivée dans le respect de la vie du sol, qui se prolonge lors de l’extraction des principes actifs toujours simple, sans violence ni artifice, pour aboutir à des produits véritablement naturels riches de tous les bienfaits que Dame-nature recèle en abondance.

 

Très bonne année et bon courage à toutes et à tous.

 

Bernard BRIAUD
Biologiste - Dr ès Sciences

 

 
Courrier 2 - Notre vision de la Cosmétique Bio | Version imprimable |
Courrier n°1 – La cosmétique bio existe-t-elle réellement

 

Faire de la cosmétique moderne sans chimie est impossible, tel est le postulat de base généralement admis !

 

Il est vrai que les molécules de synthèse ont permis d’inventer des produits aux textures nouvelles et, marketing aidant, des besoins nouveaux. Ainsi, l’utilisation d’émulsifiants puissants a permis d’introduire de l’eau dans les produits huileux, formant des émulsions plus légères et plus fluides que les produits anciens. Ces émulsions qui se sont généralisées ont fait la fortune des grandes marques dans la mesure où elles permettent de vendre de l’eau au prix fort. Le terme «aqua» qui apparaît très souvent en premier dans la liste des ingrédients montre que l’eau est majoritaire dans les produits. Mais qui dit eau dit possibilité de développement microbien. Il a donc fallu ajouter des conservateurs pour éviter la dégradation rapide de ces émulsions. En réalité ce sont des milliers de molécules de synthèse qui sont utilisées dans les produits conventionnels et certains d’entre eux peuvent en contenir plusieurs dizaines.

La cosmétique bio a réagi aux excès de cette chimie en imposant des restrictions. Mais il a bien fallu en conserver un minimum pour pouvoir imiter les produits conventionnels. Ainsi les cahiers des charges admettent-ils jusqu’à 5% de conservateurs (le plus souvent de synthèse ou issus de biotechnologies) et un nombre important d’ingrédients d’origine naturelle. Mais attention, l’appellation « origine naturelle » cache le plus souvent une transformation opérée par les industriels de la chimie. Et même si on parle de chimie verte, moins agressive, cela reste de la chimie qui rompt le lien avec le vivant de la nature. Même s’il existe des différences notables entre les différents référentiels (nous en reparlerons dans un prochain courrier), cette présence d’artifice dans les produits bio a de quoi dérouter et inquiéter.

Si nous considérons les seuls conservateurs qui sont universellement utilisés pour détruire les microorganismes dans les produits et favoriser leur conservation, nous sommes obligés d’admettre qu’ils ont la même action sur notre peau et qu’ils détruisent les bactéries qui y sont naturellement présentes. En détruisant l’équilibre naturel de notre flore microbienne protectrice, nous ouvrons la porte au développement de germes résistants qui sont à l’origine de diverses pathologies infectieuses. Nous pouvons également observer un paradoxe étonnant dans le fait que l’augmentation de l’utilisation de ces produits modernes s’est accompagnée d’un retour en force de parasites tels que les poux ou la gale qui habituellement sont le signe de conditions de vie précaires et d’une hygiène défectueuse. En réalité nous croyons faire de l’hygiène mais nous salissons notre peau avec ces produits contre-nature, destructeurs de vie.

La cosmétique bio sans conservateurs est possible !

Faire des produits sans conservateurs est possible puisque nous le faisons depuis 33 ans. Cela demande quelques adaptations mais il est des produits qui sont naturellement hostiles à la prolifération bactérienne.

Ainsi selon les normes AFNOR, le risque microbiologique peut être considéré comme maîtrisé pour les produits dont le pH est inférieur à 4 ou supérieur à 11. Il en est de même pour les produits sans eau car les microorganismes ont besoin d’eau pour leur métabolisme et leur croissance. Ce risque est également nul lorsqu’un produit contient une concentration en alcool supérieure à 20 %. 

Sont ainsi concernés les vinaigres, les savons, les alcoolats (eaux de toilette, parfums), les crèmes à l’ancienne, onguents, baumes et huiles de massage exclusivement constitués de matières grasses. Il est donc tout à fait possible de faire une gamme de produits sans conservateurs, d’autant que des ingrédients naturels habituellement utilisés dans les cosmétiques bio sont connus pour aider à la conservation des produits dans lesquels ils sont ajoutés (huiles essentielles, vitamines C et E, tocophérols, acides de fruits etc.). De tels produits ne sont pas nombreux mais ils existent et certaines marques comme la nôtre s’en sont fait une spécialité.

La cosmétique bio sans aucune chimie est également possible !

Il est vrai que la chimie offre des possibilités innombrables en termes d’artifices et donc de nouveautés. Mais faut-il pour autant sacrifier à la mode, à la demande des clients qui sont conditionnés par le marketing des grandes marques qui crée des besoins plus qu’il ne répond aux besoins fondamentaux d’une hygiène saine et naturelle ? 

L’hygiène existait avant la chimie et l’industrie. Il n’y a pas si longtemps, nos ancêtres utilisaient des produits simples, sans artifices, riches des vertus des plantes qu’ils contenaient. De tout temps l’humanité a utilisé de tels produits qui servaient non seulement pour le nettoyage, la protection et l’entretien de la peau mais qui étaient également de véritables remèdes naturels capables de soigner de nombreux maux. A mon sens, il y a encore de la place pour cette cosmétique entièrement conforme à l’éthique de la bio véritable. J’ai même envie de dire qu’il est urgent de lui redonner ses lettres de noblesse. Ne sont alors utilisés que des ingrédients d’origine agricole transformés par réactions physiques simples. 

Les huiles sont pressées à froid, décantées et filtrées par gravité, les alcools viniques sont distillés, les vinaigres sont issus de fermentation de jus de fruits, les huiles essentielles sont distillées à la vapeur d’eau. Il n’y a là nul besoin de chimie qui, même en restant simple, dénature toujours les produits qu’elle transforme. Et si nous en restons aux fondamentaux de l’hygiène véritable, nous sommes obligés de constater que la nature a de quoi satisfaire tous nos besoins.

Il est certain que travailler sans produits de synthèse impose des contraintes en termes de types de produits fabriqués, de durée de conservation, de circuits de distribution… Mais ce sont là des contraintes qu’impose la nature à celui qui veut la respecter et qui seules peuvent nous assurer bien-être et santé.

La cosmétique 100 % naturelle et bio, sans aucune chimie, est donc possible.

Nous en avons fait notre spécialité depuis 33 ans et vous trouverez des informations détaillées sur ce site. Pour être précis, nous devrions dire que nous sommes fabricants de produits d’hygiène bio car étymologiquement parlant, l’hygiène est l’ensemble des principes et des pratiques visant à préserver et améliorer la santé. Ce sont ainsi de véritables produits de soins. La cosmétique quant à elle faisant plus référence à la parure, à l’apparence, à l’artifice, à ce qui est superficiel.

 

Bernard BRIAUD
Biologiste - Dr ès Sciences


 
Courrier 1 - La cosmétique bio existe-t-elle réellement? | Version imprimable |
Courrier n°1 – La cosmétique bio existe-t-elle réellement

 

Depuis 30 ans le monde de la cosmétique bio a bien changé.

Quand nous avons démarré notre activité seuls quelques pionniers idéalistes occupaient le terrain. Il n’y avait pas encore de cahiers des charges (il fallut attendre 1998 pour voir apparaître celui de Nature et Progrès et 2002 celui d’Ecocert-Cosmebio). C’est dire que le consommateur n’avait  que peu d’alternatives à la cosmétique traditionnelle et il lui était difficile de trouver de l’information sérieuse. D’autant que la législation officielle commençait tout juste à se mettre en place et que l’obligation d’indiquer la composition complète des produits sur les étiquettes n’était pas encore généralisée.

Aujourd’hui il y a pléthore de marques et de produits bio, les cahiers des charges se sont multipliés, la législation s’est renforcée, les informations disponibles sur les étiquettes, dans de nombreux livres et sur internet sont abondantes et pourtant est-on mieux informé pour autant ?

Certes la composition complète apparaît aujourd’hui sur tous les produits. Mais elle est la plupart du temps rédigée selon les normes internationales, dans un jargon scientifique en anglais et en latin incompréhensible pour la plupart.

Les cahiers des charges eux-mêmes sont nombreux et difficiles d’accès. Ils constituent un réel progrès dans la mesure où l’interdiction de certaines techniques polluantes et de certains ingrédients toxiques va dans le bon sens. Mais leur complexité est telle qu’il est difficile d’en connaître véritablement la teneur.  Ainsi :

- Qui sait que la chimie de synthèse peut-être présente dans les produits bio à hauteur de 5% ?

- Qui sait que des conservateurs dits « nature-identiques » sont des imitations de molécules naturelles telles que l’acide citrique du citron ou l’acide sorbique de la baie de sorbier mais qu’ils sont totalement artificiels, de pure synthèse.

 - Qui sait que les centaines d’ingrédients dits « d’origine naturelle » qui sont autorisés par les cahiers des charges sont obtenus par transformation dans l’industrie chimique de substances tirées de la nature certes mais ayant perdu par leur transformation le lien précieux qui les reliait à la vie ?

 - Qui sait que certains cahiers des charges autorisent dans certains cas l’utilisation d’excipients chimiques sans que ceux-ci n’aient l’obligation d’être mentionnés dans la liste des ingrédients ?

 - Qui sait que des multinationales de la chimie telles que l’Oréal, Henkel ou même Nivéa se sont introduites dans les conseils scientifiques de certains organismes certificateurs bio et qu’elles participent ainsi à l’évolution de certains cahiers des charges en vigueur ? (on peut imaginer dans quelle direction).

Tout ceci n’est que le résultat de l’évolution de la cosmétique bio qui tend à imiter la cosmétique conventionnelle et à rivaliser avec elle. Cela ne peut se faire qu’avec les mêmes armes et c’est vers la technologie et la chimie (même si elle est repeinte en vert) que se tournent beaucoup de fabricants bio pour créer sans cesse de nouveaux produits qui ne répondent le plus souvent qu’à la recherche de nouveaux marchés et à l’augmentation du chiffre d’affaires.

Nous nous éloignons ainsi de la bio véritable qui est basée sur des petites productions artisanales, sur le commerce de proximité, la connaissance des producteurs plus préoccupés d’éthique que de recherche de profit. Cette bio existe encore, il y en a dans tous les labels, mais il faut la chercher. C’est celle que nous défendons depuis 32 ans et que nous continuerons à défendre malgré les difficultés législatives de plus en plus nombreuses qui tendent à combattre la vie sous toutes ses formes.

Mais c’est à chacun de chercher, de s’informer et de faire le tri. Cela a toujours été et restera de la responsabilité de chacun. Et en favorisant les petites structures porteuses d’une éthique forte, dans tous les domaines, cela permettra de sauvegarder la seule bio valable, celle qui nous relie au vivant de la nature et qui nourrit la vie en nous.

 

Bernard BRIAUD
Biologiste - Dr ès Sciences

 

 
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